Ceux qui connaissent le C60 le connaissent généralement en flacon : du fullerène dissous dans de l'huile d'olive. On sait moins que la même molécule se trouve depuis près de vingt ans dans des pots et des sérums, surtout au Japon et en Corée du Sud. Sur la liste des ingrédients, elle apparaît sous le nom de Fullerenes. En Europe, cet usage est bien moins répandu, et le comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs a soulevé en 2023 des questions critiques à son sujet.
Dans cet article, nous passons en revue ce qui a réellement été étudié : deux petites études chez l'humain, une étude de sécurité sur du tissu cutané, l'avis européen, et les questions qui restent ouvertes aujourd'hui. Comme toujours chez nous : sans promesses et avec les sources.
Le C60 a été découvert en 1985 par Harold Kroto, Robert Curl et Richard Smalley, qui ont reçu pour cela le prix Nobel de chimie en 1996. La molécule est constituée de soixante atomes de carbone disposés comme un ballon de football. Pour revoir les bases, consultez notre page Qu'est-ce que le C60 ?
Les chercheurs ont immédiatement remarqué que le C60 réagit facilement avec les radicaux libres en laboratoire. Comme les processus oxydatifs jouent un rôle dans le vieillissement visible de la peau, le passage à la cosmétique allait de soi. Au milieu des années 2000, des entreprises japonaises ont lancé les premières matières premières cosmétiques à base de fullerène, sous une forme hydrosoluble et sous une forme liposoluble à base de squalane. Cette dernière, le LipoFullerene, est la variante avec laquelle la plupart des recherches cutanées ont été menées, et c'est celle qui se rapproche le plus, dans son principe, du C60 dans une huile végétale.
Soyons honnêtes : il s'agit d'une poignée de petites études, menées en grande partie par des chercheurs liés au fabricant japonais. Cela ne les rend pas sans valeur, mais cela les rend préliminaires.
Vingt-trois femmes japonaises d'une quarantaine d'années ont appliqué une crème sur leur visage deux fois par jour pendant huit semaines : sur une moitié, une crème contenant du C60 dans du squalane ; sur l'autre moitié, la même crème sans C60. L'étude était randomisée et en double aveugle : ni les participantes ni les évaluateurs ne savaient quel côté était lequel.
Après quatre semaines, aucune différence mesurable. Après huit semaines, le côté traité au C60 obtenait des résultats statistiquement significativement meilleurs que le côté placebo pour la profondeur des rides et la rugosité de la peau. Aucun effet indésirable grave n'a été signalé.
Les réserves : 23 participantes, c'est peu ; huit semaines, c'est court ; et la concentration en C60 était faible (278 ppm, dans du squalane et non dans de l'huile d'olive).
Onze adultes souffrant d'acné ont utilisé pendant huit semaines un gel contenant 1 % de LipoFullerene. Les chercheurs ont ensuite compté en moyenne 37,8 % de lésions inflammatoires en moins et mesuré une teneur en eau de la peau plus élevée.
Cette étude ne comportait toutefois pas de groupe témoin. Sans comparaison avec un gel sans fullerène, il est impossible de dire quelle part de l'effet revient au fullerène. Nous mentionnons cette étude parce qu'elle est souvent citée, non parce qu'elle prouve quoi que ce soit. L'acné est une affection médicale ; ceux qui en souffrent ont tout intérêt à consulter un médecin généraliste ou un dermatologue plutôt qu'un article de blog.
Une étude de sécurité menée en 2009 par le même groupe japonais a testé le C60 dans du squalane sur du tissu cutané humain. Les chercheurs ont retrouvé du C60 dans l'épiderme, mais pas dans le derme, plus profond. Dans la même étude, ils n'ont observé aucun signe de mutagénicité ni de dommages cellulaires induits par la lumière.
C'est rassurant, mais il s'agit d'une seule étude avec une formulation précise. Les évaluateurs européens ne l'ont pas jugée suffisante, ce qui nous amène à la partie la plus importante de cet article.
Le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC, ou SCCS en anglais) conseille la Commission européenne sur les ingrédients cosmétiques. En novembre 2023, il a publié un avis définitif sur les fullerènes dans les cosmétiques (SCCS/1649/23). Ses conclusions en bref :
L'institut néerlandais de santé publique RIVM a écrit début 2024 que les fullerènes pourraient être interdits dans les cosmétiques lors d'un prochain cycle réglementaire si les fabricants ne fournissent pas de données de sécurité supplémentaires. Dans le règlement de mars 2024, qui a notamment interdit le nano-or, le nano-argent et le nano-platine dans les cosmétiques, les fullerènes ne figuraient pas sur la liste. La réglementation évolue donc, et quiconque s'intéresse au C60 et à la peau a tout intérêt à la suivre.
Nous estimons que vous devez le savoir avant d'appliquer quoi que ce soit sur votre peau. Un vendeur qui ne cite que l'étude sur les rides et passe l'avis du CSSC sous silence ne vous raconte que la moitié de l'histoire.
Que le C60 puisse former de l'oxygène réactif sous l'effet de la lumière est connu depuis longtemps en chimie. En 2021, une étude américaine (Grohn et collègues, GeroScience) a montré que du C60 dans de l'huile d'olive exposée à la lumière devenait toxique pour des souris, alors qu'une huile correctement conservée à l'obscurité ne l'était pas. Ces chercheurs n'ont d'ailleurs pas pu reproduire chez la souris l'allongement de la durée de vie observé dans la célèbre étude française de 2012 sur des rats (Baati et collègues, Université Paris-Sud).
Pour le flacon, la leçon pratique est simple : verre foncé, placard sombre. Pour en savoir plus, lisez Pourquoi l'huile d'olive compte autant que le C60. Pour la peau, la question est plus délicate, car la peau est exposée à la lumière du jour. L'étude japonaise sur tissu cutané n'a observé aucun dommage cellulaire lié à la lumière ; le CSSC a jugé cela insuffisamment étayé. Personne ne peut répondre à cette question de manière concluante aujourd'hui, et nous ne prétendons pas le contraire.
Les produits cosmétiques étudiés utilisent le squalane comme véhicule, une huile légère et inodore, naturellement présente dans le sébum. L'huile d'olive vierge extra, c'est autre chose : plus riche, avec une odeur propre et une longue tradition dans les soins de la peau méditerranéens. Elle contient naturellement des polyphénols, de la vitamine E et elle-même un peu de squalène.
L'huile d'olive ne convient pas à tous les types de peau. Sur une peau grasse ou sensible, elle peut être trop lourde. Essayez donc toujours un nouveau produit sur une petite zone de peau, par exemple à l'intérieur du poignet, et attendez une journée.
À retenir : les résultats des études japonaises valent pour ces formulations et concentrations précises. Ils ne sont pas transposables tels quels au C60 dans l'huile d'olive, pas même au nôtre.
Les fullerènes en soin cutané constituent un domaine de recherche intéressant, avec quelques études encourageantes mais de petite taille, et des questions de sécurité ouvertes que l'Europe prend au sérieux. Nous vendons un roll-on de 10 ml dont la formulation est exactement la même que celle de nos flacons : du C60 pur à 99,9 % dans de l'huile d'olive vierge extra biologique certifiée. Nous n'y associons aucune allégation cosmétique ou médicale. Ce que nous pouvons garantir, c'est ce qu'il contient.
Le certificat d'analyse de notre lot actuel est accessible publiquement sur notre page qualité : pureté HPLC de 99,91 %, pas d'oxyde de C60, pas de solvants résiduels. Vous trouverez le contexte scientifique sur notre page Science.
Voir le roll-on C60 →Oui. Il est utilisé depuis le milieu des années 2000, surtout au Japon et en Corée du Sud. Sur la liste des ingrédients, il apparaît sous le nom de Fullerenes.
La question n'est pas tranchée. De petites études n'ont signalé aucun effet indésirable grave, mais le CSSC européen a estimé en 2023 que les données disponibles ne suffisent pas à confirmer la sécurité dans les cosmétiques.
Dans une étude de laboratoire sur du tissu cutané humain, du C60 dans du squalane a été retrouvé dans l'épiderme, mais pas dans le derme. Des recherches indépendantes supplémentaires font défaut.
Le squalane est plus léger et c'est le véhicule des études cutanées publiées. L'huile d'olive est plus riche et ne convient pas à tous les types de peau. Nous n'avons connaissance d'aucune comparaison directe des deux véhicules avec du C60.
Oui, la formulation est identique. Seul l'emballage diffère.
Sources :
Kato S, Taira H, Aoshima H, Saitoh Y, Miwa N. Clinical evaluation of fullerene-C60 dissolved in squalane for anti-wrinkle cosmetics. Journal of Nanoscience and Nanotechnology. 2010;10(10).
Inui S, Aoshima H, Nishiyama A, Itami S. Improvement of acne vulgaris by topical fullerene application: unique impact on skin care. Nanomedicine: Nanotechnology, Biology and Medicine. 2011.
Kato S, Aoshima H, Saitoh Y, Miwa N. Biological safety of LipoFullerene composed of squalane and fullerene-C60 upon mutagenesis, photocytotoxicity, and permeability into the human skin tissue. Basic & Clinical Pharmacology & Toxicology. 2009.
SCCS. Opinion on fullerenes, hydroxylated fullerenes and hydrated forms of hydroxylated fullerenes (nano). SCCS/1649/23, avis définitif, novembre 2023.
RIVM. SCCS raises concern over the safety of fullerenes in cosmetic products. 2024.
Grohn KJ, Moyer BS, et al. C60 in olive oil causes light-dependent toxicity and does not extend lifespan in mice. GeroScience. 2021;43.
Baati T, Bourasset F, Gharbi N, et al. The prolongation of the lifespan of rats by repeated oral administration of [60]fullerene. Biomaterials. 2012;33(19).